Jeudi 10 avril 2008

Organisées par le groupe gay de la délégation du Rhône de l'association Aides, en partenariat avec le bar Le Boys, les soirées + s'adressent aux gays séropositifs et à leurs amis. Ni thérapie collective, ni groupe de parole, + s'est donné pour objectif de créer un espace convivial et chaleureux au sein duquel séropositifs, séronégatifs et séro-interrogatifs peuvent simplement être sans se cacher et sans se sentir marginalisés. Ici, on sait que si on veut en parler, on peut. Et on garde l'esprit positif.


+ : pour qui ? Pour quoi ?

Aujourd'hui, plus de 10% des gays sont séropositifs. Parfois, on pourrait se demander où ils se trouvent. En effet, puisqu’il n'existe aucun signe physique pour savoir si quelqu'un est séropositif, ces personnes se fondent dans la masse, et vivent leur situation parfois seules. Car ce qui peut rendre la vie d'un homo séropo compliquée aujourd'hui, ce ne sont pas uniquement les traitements et leurs effets indésirables, mais c’est la solitude et l'isolement. Certains, depuis qu’ils sont séropositifs, doivent vivre avec la peur du rejet de leur entourage. Parfois même alors que celui-ci avait plutôt bien pris l'annonce de leur homosexualité. Révéler son statut sérologique est une autre paire de manche...
C'est un constat : ces dernières années, même (surtout?) dans le "milieu", le VIH/Sida et la séropositivité se sont enfermés dans le non-dit.

La séropositivité, et ce silence imposé, constituent un obstacle au lien social. Les rencontres et les relations d'amour, de sexe ou d'amitié s'en trouvent modifiées. Au-delà des partenaires anonymes avec lesquels il peut être possible de ne parler de rien, comment gérer une rencontre, décider d’en parler à quelqu'un, et une fois qu'on l'a décidé, comment le faire? Isolés par l'invisibilisation produite par les discriminations et le rejet, certains gays séropos ont des difficultés à rencontrer d'autres mecs avec qui discuter de ces sujets et inventer collectivement des réponses à ces questions.

C'est pour lutter contre cet isolement que sont nées les soirées +.

+ : Où ? Quand ? Comment ?

+ se déroule au sein du bar Le Boys, où Ludo nous accueille avec enthousiasme et bonne humeur, un mercredi sur deux à partir de 20h00. Le Boys se trouve au 2 rue Terraille, dans le 1er arrondissement de Lyon (Métro Ligne A, arrêt Hotel de Ville). La soirée + a lieu dans la mezzanine, un espace un peu isolé et confortable.
Pour connaître les jours précis de la soirée, vous pouvez vous rendre sur ce blog, souscrire à la newsletter (voir le module dans la colonne de droite), nous envoyer un mail, ou vous renseigner auprès de la délégation du Rhône de Aides, au 04 78 68 05 05. Le mail et le numéro de téléphone vous seront aussi utiles si vous souhaitez un renseignement, si vous vous posez une question, ou si vous souhaitez prendre contact avant de vous rendre à l'une des soirées. 
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Lundi 7 avril 2008

Témoignages et propos entendus lors des ateliers "Comment je me sens en tant que gay séropo" lors des Etats Généraux organisés en novembre 2006.

 

 

Ces ateliers ont fait ressortir clairement que si des choses ont avancé pour les gays dans la société, la séropositivité reste toujours indicible. Ce constat est fait par beaucoup de participants.

« Il faut qu’on puisse dire : "je suis séropo", qu’on puisse en parler et que cela ne fasse plus peur. Au niveau légal (assurances, crédits), les choses avancent lentement. Mais il reste le milieu familial et amical. » ; « Ce qui me pose problème, c’est ma séropositivité, plus que le fait d’être gay. » ; « J’ai mis à peu près 40 ans à dire à ma famille que j’étais homo. Je n’ai pas encore le courage et l’envie de leur dire que je suis séropo. » ; « Je voudrais parler du monde du travail. On m’a déconseillé d’y parler de ma séropositivité, mais je le refuse, je refuse que le sida soit considéré comme une maladie dégradante. Après un arrêt de travail, quand je suis revenu, on ne me donnait plus rien à faire. Les choses sont dans la non formulation, le silence. Mais je mange seul tous les jours et personne ne me fait la bise. » ; « Dans mon travail, je dois mentir. Si je dis que je suis gay et séropo, je suis sûr d’être viré. On en parle, mais je ne vois rien de concret sur le terrain à propos des discriminations. Est-ce qu’il faut mentir ? Est-ce qu’on doit encore cacher son statut ? »

D’ailleurs, les participants des États généraux soulignent qu’ils sont obligés de choisir une identité pour se définir.

« Pour moi, le problème n’est pas d’être gay, ou d’être séropo. Mais bien d’être gay ET séropo. » ; « J’ai du mal à me situer dans la séparation entre gay et séropo. Je ne veux pas que l’on réduise mon identité à l’un ou l’autre. Être gay séropo pose des problèmes différents de ceux que connaît une femme séropo. »

Finalement, l’entourage amical et le milieu gay, qui pourraient apparaître comme des havres de paix, sont souvent les endroits où le sentiment d’exclusion est le plus fort. Comme l’a dit un participant, «pour entrer dans les établissements commerciaux, il vaut mieux être beau, fashion et séroneg!»

« Je ne comprends pas pourquoi la solidarité a disparu dans le milieu gay. Pire, c’est le rejet, la négation. Le sujet a disparu maintenant que les gens meurent moins. C’est vrai qu’il y a un décalage entre les générations de séropos. Moi, je ne veux pas porter seul le poids de la prévention. » ; « La solitude quand on est séropo, c’est affreux. On prend sa pilule entre quatre murs, on n’a personne à qui parler. Mon généraliste, à qui j’ai parlé de ma solitude, m’a dit : "c’est votre problème"… » ; « J’ai beaucoup plus de facilité à parler de ma séropositivité avec des hétéros qu’au sein de la communauté gay. Le rejet y est aujourd’hui plus important. » ; « Dans la communauté, je me sens dévalorisé. »

Les associations de lutte contre le sida ne sont pas non plus épargnées par les critiques.

« Je suis séropo depuis 6 mois. J’ai essayé de me tourner vers les associations. J’ai été très étonné de ne pas m’y retrouver du tout. Décalage total avec des gens qui étaient séropos depuis 20 ans et qui parlaient surtout traitements. J’ai cherché d’autres endroits, moins médicalisés. J’ai trouvé une association, Jeunes SéroPotes, qui m’a permis de me sortir du niveau médical. C’est dur, quand on apprend sa séropositivité d’être ramené à un taux de T4, obligé de penser à la mort. »

* * *

Synthèse de l’atelier

Des constats, d’abord :

Beaucoup ont fait l’expérience de la solitude, du sentiment de mise à l’écart ou de l’exclusion. Cela vient contredire l’existence d’une communauté.

Dans le milieu gay lui-même, la question du dévoilement de son statut est centrale : on ne peut pas vivre éternellement sous le régime de la honte et de la peur. Beaucoup ressentent une contradiction entre leur envie de visibilité et la fréquente obligation de vivre caché.

Le problème pour d’autres, n’est pas d’être gay ou séropo, mais c’est d’être gay ET séropo.

Il est difficile de vieillir gay et séropo.

C’est comme s’il y avait deux communautés, les gays séropos et les gays séronegs. On n’a pas forcément envie de visibilité, mais c’est pour certains un passage obligé pour qu’en fin de compte, les deux communautés puissent à nouveau se fondre.

 

Les recommandations de l’atelier

Sur quoi/sur qui doit-on agir ?

Quelques pistes d’action ont été tracées ou discutées :

• Auprès de la communauté gay, agir pour renforcer la solidarité avec les séropos.

• Dans les associations, comme AIDES, prendre des initiatives avec les gays séropos, pour les impliquer davantage.

• Mettre en place des groupes de parole, selon le statut, l’âge, dans des lieux de vie et de convivialité, comme les bars gays.

• Donner des moyens aux actions de prévention : moyens financiers, humains, formations.

• Mettre en avant une prévention qui "fasse moins peur". Parler du risque, de l’échelle des risques. Arrêter de dire que la contamination est une catastrophe ou que ceux qui se contaminent aujourd’hui sont des inconscients.

>>> Ces ateliers ont fait ressortir clairement que si des choses ont avancé pour les gays dans la société, la séropositivité reste toujours indicible. Ce constat est fait par beaucoup de participants.

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Samedi 5 avril 2008

Ghislain, 28 ans. Je vis à Rennes où j’ai un emploi stable. Je suis séropo depuis maintenant 10 ans, sans avoir eu de gros ennuis de santé depuis. Je vis une histoire sentimentale depuis bientôt 6 mois avec un garçon charmant.

«À 18 ans, j’ai vécu mes premières expériences homosexuelles. Après quelques plans pas très satisfaisants et quelques rencontres plus suivies pour lesquels je m’étais protégé, j’ai passé 6 mois avec un homme. Dès nos premiers rapports, il a refusé la capote ; il m’a dit qu’il passait régulièrement des tests et que tout était ok. Je lui ai fait confiance en cédant rapidement, sans vraiment essayer de négocier. Pourtant j’avais toutes les infos en main, j’ai seulement laissé filer les choses. Notre histoire s’est terminée et j’ai repris mes principes de prévention avec d’autres, notamment avec celui qui restera à mes côtés pendant de nombreuses années et qui m’a épaulé par la suite. Là, toute une série de petits tracas me sont tombés dessus : inflammation d’une couille, bronchites, hémorroïdes, fatigue permanente… J’ai même dû me faire opérer d’un kyste à l’oreille. C’est à cette occasion qu’une infirmière s’est blessée et qu’on m’a proposé de faire un test. Je n’étais pas très soucieux, mais les résultats tardaient à arriver et finalement le chirurgien m’a dit que j’étais séropo sans le savoir ! 

Suit alors une période trouble, un pavé m’était tombé sur la gueule. J’ai tout de suite ressenti le besoin d’en parler, à ma soeur, à mon amie de toujours, à mon compagnon. Ils ont tous, malgré leurs maladresses, su trouver les mots, l’attitude qui convenaient. Sans eux, je ne sais pas comment j’aurais pu surmonter cette annonce. Il m’a fallu aussi faire mon devoir et prévenir l’homme avec qui j’avais baisé sans capote. Je n’avais et n’ai toujours pas de sentiment de haine ou de vengeance envers lui (à quoi bon ?). Je ne me suis pas non plus senti coupable, même si j’aurais pu éviter la contamination en ne lui cédant pas. Je me dis que j’étais jeune, inexpérimenté et malléable. Je l’aurais sans doute vécu différemment si j’avais eu des relations à droite à gauche, fréquemment et sans capote. Je l’ai aussi dit à mes parents, avec le soutien de ma soeur. Là, il y avait double annonce : ils découvraient à la fois que j’étais gay et que j’étais séropo et ça n’a pas simplifié les choses ; mes deux "états" sont d’ailleurs toujours intimement liés dans leur esprit. Cela s’est tout de même passé le mieux possible, et depuis lors ils ne cessent de me soutenir. La relation que j’entretiens avec eux tient de l’aide, celle qu’ils m’apportent, mais elle est aussi d’une certaine façon un poids parce qu’il faut que, de mon côté, je les aide aussi, que je me soucie d’eux. C’est pour moi une façon de leur montrer que je suis fort, que je suis capable de gérer cette situation. Je ne souhaite pas être surprotégé et je dois donc imposer des limites, aux coups de téléphone ou à mes visites par exemple. Imposer des limites, c’est une façon de les aider aussi à surmonter cela. Je les informe, même parfois des résultats médicaux, pour qu’ils ne soient pas dans l’incertitude mais je les protège aussi. Il s’agit de trouver l’équilibre… J’ai été récemment contraint de rompre cet équilibre que je m’efforce de construire et de leur demander une aide financière. J’ai donc dû leur avouer mes faiblesses et leur dire que ma difficulté à me projeter dans le futur m’avait amené à ne plus donner d’importance à l’argent et à me surendetter. Là encore, ils m’ont aidé…

Être séropo, ça a changé ma vie : je me suis fixé pour objectif d’avoir la vie la plus satisfaisante possible et mes priorités ont évolué. J’ai plaqué mes études d’ingénieur et j’ai réalisé un rêve de gosse ; je suis aujourd’hui directeur d’une école maternelle. Je recommence à faire des projets à plus ou moins long terme, et j’ai plus que jamais envie de me donner les moyens de réaliser mes désirs. D’une certaine façon, être séropo me donne la niaque… Qui serais-je aujourd’hui si je n’étais pas séropo ? Je ne peux pas le dire, mais sûrement un homme différent car je me suis construit avec ce virus. Depuis un an environ, j’ai changé, après avoir enfoui pendant de longues années mes idées noires. Je n’en parlais pas, je ne voulais même pas prendre conscience qu’elles existaient. Mais périodiquement, après une soirée arrosée par exemple, les digues craquaient, sans que je puisse vraiment le prévoir. C’était alors crise de nerfs et crise de larmes, trois jours pour m’en remettre et un arrêt maladie. Le virus gagnait alors, je n’avais plus le contrôle de tout et ne pouvais plus satisfaire les exigences que je m’étais fixées, et qui étaient sans doute trop lourdes. Le jour où j’ai accepté l’idée que je pouvais avoir besoin d’aide, que je n’étais pas si fort que ça, je suis allé voir mon généraliste et un psy. Il m’a suffi de pousser la porte pour régler ce problème : depuis, plus de crise. J’étais sûrement mûr pour digérer la séropositivité qui depuis neuf ans m’habitait.

Dans ma vie sexuelle, je m’étais fixé pour règle d’annoncer à chaque nouveau partenaire que j’étais séropo. Depuis qu’un mec est parti en me laissant en plan, je ne le dis plus si je sais que c’est un coup d’un soir. C’est différent s’il y a un lendemain possible. S’il y a une éventualité, même minime, que quelque chose puisse se construire, je le dis. Je ne veux surtout pas que cela devienne un problème si quelque chose se construit. En fait, je le fais plutôt pour moi. Les réactions sont rarement de l’ordre du rejet, mais c’est une annonce qu’il faut accompagner. Je refuse cependant de choisir mes partenaires en fonction de leur statut : le mec me plaît ou il ne me plaît pas ! Dans la vie courante, parler de mon homosexualité ne me pose pas de problème, mais je ne parle de la séropositivité que lorsque cela est nécessaire. C’est le cas quand une discussion s’est nouée et que le fait de mentionner ma séropositivité devient une clef indispensable pour poursuivre l’échange. D’où aussi ce témoignage. Je trouve cela important, mais je me pose tout de même des questions. Je ne peux pas en mesurer les suites. Je dois reconnaître que je suis souvent assez surpris du peu de conséquences que cette déclaration peut avoir, du moins dans mon expérience personnelle. Mais je n’oublie pas que lorsqu’on semble bien portant, qu’on a un boulot et un entourage porteur, il n’est pas nécessaire de le dire ; on peut alors attendre d’être en confiance. C’est très différent lorsqu’on ne peut plus travailler, qu’on a les joues creuses et que le regard de l’autre devient interrogateur. Cette différence s’est manifestée à la fin des États généraux lorsque quelqu’un est intervenu pour parler du malaise ressenti par des jeunes séropositifs au contact de gays qui sont séropositifs depuis longtemps. Moi, je me suis senti à ma place lors de ces rencontres. Sans doute parce que j’ai été contaminé très jeune et que j’ai dix ans de "digestion" derrière moi. Je sors de ces États généraux avec plus de force, celle que chacun des participants y a mise. Malgré ma peur, je veux aujourd’hui être visible, aux yeux de tous.»

 

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Jeudi 3 avril 2008

Témoignages et propos entendus lors de l'atelier "Ma place dans la ou les communauté(s) gay", organisé lors des Etats généraux Gay Séropos en novembre 2006.

 

La communauté gay, c’est quoi ? Les séropos en font-ils partie ?

« Y a -t-il une seule communauté ? Plusieurs ? Pour moi il y a une communauté plurielle avec une orientation affective identique et des sous-communautés diverses. Par contre il n’y a pas de sous-communauté séropo. Ce qui m’importe, c’est de trouver ma place. » ; « Pour moi, une communauté doit partager des choses communes. Les séropos doivent être plus présents, mais les gays ne veulent pas les voir, ni parler du sida. »

La communauté ou le milieu gay sont très souvent évoqués comme un lieu de discrimination et de stigmatisation.

« Je n’ai plus ma place dans la communauté gay. La communauté gay, le Marais, c’est à mourir. » ; « Quand je pense à la communauté et à ma place, c’est mon âge qui vient en premier, puis ma condition sociale et en troisième, ma santé. Moi je n’existe pas dans le Marais. On se fout de savoir si je suis homo et/ou séropo, je suis un consommateur et rien que ça. » ; « Je me sens minoritaire (malade) dans une communauté minoritaire. C’est à moi de m’affirmer dans cette communauté, mon "handicap" est quelque chose en plus. » ; « Je me suis tourné vers la communauté gay mais je suis mal à l’aise car il faut être éternellement jeune et physiquement en forme. »

Faut-il des sous-communautés ? Et faut-il une sous-communauté de gays séropos ?

« Dans le milieu SM j’ai trouvé ma place. Il y a possibilité de parler et d’échanger, contrairement au milieu gay "traditionnel". Être vieux et séropo, c’est la double peine. C’est la même chose pour la communauté "baraback". Il n’y a plus de solidarité envers les personnes séropositives. » ; « Je m’épanouis dans le milieu SM qui est plus ouvert. » ; « Maintenant, je pense qu’il faut construire une communauté gay séropositive. Ici on entend des gens seuls face au VIH. Ils doivent devenir militants auprès des gays. » ; « J’aimerais que la communauté séropo soit plus présente dans le Marais. »

Pour certains, le soutien vient d’ailleurs.

« Ma communauté, c’est la communauté hétéro. Je peux parler de moi, de ma séropositivité. Ils prêtent attention à ma santé. Ils sont plus accueillants. » ; « J’ai arrêté de chercher ma place dans le milieu gay. J’ai trouvé la solidarité et la force d’annoncer ma séropositivité auprès des hétéros. »

Le problème n’est peut-être pas qu’il y ait une ou des communautés.

« Il faut arrêter de prendre des coups sur la tête : je suis séropo, point final. On est là, on existe. C’est le regard des autres sur ma maladie qui me tue. »

* * *

Différentes définitions de la communauté gay ont été proposées, mais le constat général est qu’il est difficile de trouver sa place en tant que séropo. Plusieurs affirment ne plus chercher leur place, d’autres se sentent plus proches de certaines sous-communautés (SM, bareback ou séropositive).

 

Les recommandations de l’atelier

• Lutter contre le rejet et l’invisibilité.

• Communiquer davantage entre séropos.

• Aller vers les séronégatifs, expliquer ce qu’est la séropositivité et témoigner de notre vécu.

• Favoriser et amplifier la présence des associations de lutte contre le sida dans les lieux de vie gay.

• Lutter contre la "normalisation" de la communauté gay en faisant de la place à la diversité pour mettre fin au jeunisme, à la ségrégation par l’argent, au racisme.

• Mettre au coeur des associations LGBT la visibilité de la séropositivité.

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Samedi 29 mars 2008
 
 
Recommandations des Etats Généraux des Gays Séropositifs.
 
Paris, Espace Niemeyer, 27 novembre 2006.
 
 
 
Lors de l'AG de cloture des Etats Généraux, Ghislain fut le porte-parole de ces recommandations. Voici le texte qu'il a présenté :

L’organisation des Etats Généraux m’a demandé de vous présenter les recommandations de ces Etats Généraux des Gays Séropositifs. C’est une sorte de défi. D’abord parce que le nombre d’ateliers autant que leur diversification sont importants. Ensuite parce que leurs contenus se sont révélés substanciels.

Il fallait donc chercher une structure de présentation qui parvienne à rassembler tout cela en faisant ressortir les propositions communes … tout en mobilisant encore votre intérêt au bout de ces trois journées de travail. J’espère que nous allons y parvenir.

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L’échange que nous avons eu avec le Ministre de la Santé et des Solidarités, que vous n’avez pas ménagé, laissait d’une certaine façon pressentir la teneur générale des remarques, le fil rouge qui traverse les recommandations. C’est bien la qualité de vie dont il est question plus que la quantité de vie ; et qu’il s’agit, maintenant que la bataille des traitements a été gagnée pour le plus grand nombre, de parler de qualité de vie. Et l’on pressent à lire les compte-rendus et à entendre les rapports que ce mieux être est la première marche du mieux combattre.

 
Je m’empresse de dire que les recommandations ne s’adressent pas seulement aux pouvoirs publics ou aux politiques (ces derniers ayant probablement oublié de mettre leur réveil ce matin !). Ces recommandations s’adressent aussi à nous : notre destin c’est nous qui l’avons en mains. C’est même pour cela que nos pères se sont battus pendant plusieurs siècles pour obtenir la liberté associative reconnue par la loi de 1901 ! Il faut toujours se servir des libertés conquises. La liberté c’est fait pour en user !
 
Nous avons retenu trois séquences pour présenter les recommandations : :
 
  • un premier temps que nous avons appelé « Parlez-moi de moi »,
  • un deuxième temps intitulé « Moi et mes frères, mes sœurs ».
  • un troisième temps que nous proposons de nommer « Socialisons-moi ».

* * *

Sans attendre, je vous propose de venir à la première partie. Certains on peut-être vu le deuxième film de Zabou Breitman, « L’homme de sa vie », et se souvienne de la ritournelle qui court tout au long du film : « Parlez-moi de moi, y’a que ça qui m’intéresse … ».

 
 
 
1. Parlez-moi de moi...
 
 
11. Un des tous premiers éléments qui ressort c’est celui du dévoilement de la séropositivité. Pour beaucoup d’entre nous comme une sorte de deuxième « coming out ». Une sorte de « double peine » : dire que l’on est gay, dans un premier temps, et dans un second temps, que l’on est séropositif, … avant de passer à la triple peine quand il faut reconnaître à soi-même et aux autres que l’on est entré dans la maladie.
 
EGGS_ph002.jpg Plus on dit tôt sa séropositivité, plus on augmente son pronostic de bien gérer sa vie de séropo. Cette affirmation des participants aux Etat Généraux ne règle pas pour autant les questions taraudantes de « A qui on le dit ? », « Comment on le dit ? », « Quelles sécurités négocier quand on le dit ? ». D’autant qu’il ne s’agit pas seulement de le dire dans un groupe associatif où cela peut être facilement admis à cause de l’objectif que se donne cette association, si elle lutte contre le sida par exemple. Il s’agit aussi de le dire dans son groupe d’appartenance qui est loin d’être aussi « homogène » dans l’acceptation de la séropositivité qu’une association de lutte contre le sida ! En même temps, il ne s’agit pas non plus de le dire à 5 000 personnes ! Il n’empêche que l’on est là dans des questions de réglage fin entre des paramètres complexes dont le point focal est la personne séropositive face à son envie de dire qu’elle est séropositive parce que c’est pour elle une condition de bonne vie.
 
En même temps tout ceci n’est pas de l’angélisme. Dévoiler sa séropositivité ça fait mal. C’est ainsi qu’un participant a affirmé que « dire sa séropositivité est un mal nécessaire » parce qu’après l’avoir dit on pouvait passer à autre chose. Certains y voient même un « bond qualitatif ».
 
12. Le deuxième élément que l’on peut lier tout de suite au précédent, c’est la vie sexuelle dont la réflexion sur les conditions du bien être sexuel a produit un volume de remarques important. Nous avons recommandé qu’un guide pratique sur la sexualité séropositive puisse permettre à chacun de trouver les références mais aussi aux autres (sous-entendu, les soignants) de se référencer plutôt que de rester dans l’inculture. Dans les conditions du bien être sexuel, vous demandez aussi qu’il y ait des groupes de paroles sur ce sujet à AIDES ou dans les associations identitaires de façon à ce que la question du bien être sexuel puisse être abordée tout au long de l’accompagnement ou du suivi d’une personne séropositive.
 
Faisons-le. Tout de suite. Ici même, à la sorte des Etats Généraux. AIDES, cette tante vieillissante, et manifestement critiquée, est malgré tout en forte générosité, elle aidera même ceux pensent qu’ils ne savent pas faire. Et puis nous ferons ensemble, ce sera encore mieux. Imaginez que Jeunes Séropotes fasse des rencontres TupperSex à AIDES, et qu’une autre association programme des ateliers SuperCorps. Cela aurait de l’allure non ? On résoudrait probablement des inaptitudes à la vie de couple dont certains ont parlé dans les ateliers !
 
Il faut probablement en profiter à ce stade pour préciser quelque chose. AIDES n’est pas là pour faire à la place mais pour favoriser les émergences. AIDES est une association généraliste qui ne changera pas a priori son projet. Mais si des gays séropositifs estiment nécessaire de s’organiser hors de AIDES c’est la liberté associative et je suis sûr que AIDES ne manquera de soutenir ces actions.
 
13. C’est bien le moment de parler de corps. Car beaucoup de temps et de remarques ont été consacrées à ces questions. Cela nous a amené avec ceux qui ont contribué à cette synthèse à regrouper une série de recommandations dans un chapitre dédié à l’extériorité corporelle.
 
Il y a là des tabous puissant. Certains ont affirmé que la question du corps, de l’enveloppe charnelle, était encore moins parlée que celle de l’usage sexuel. Et que cela méritait aussi la mise en place de groupes de paroles spécialement dédiés à cette question, notamment face aux conséquences du vieillissement surdimensionné par la maladie : on y fait plus attention et cela rend le vieillissement encre plus insupportable que pour tout autre personne. Sauf que personne n’en parle, sauf que l’on ne sait pas où en parler !
 
A cette nécessité s’ajoute aussi celle de former le corps médical qui face à ce sujet en est encore au point où il en était avec la douleur avant que l’on ne décide publiquement il y a dix ans de bouger les lignes de ce qui était alors un scandale dans notre pays. Et bien, il faut oser le dire, la façon dont le corps médical considère la question du corps est pauvre. Réfugié dans une approche bio-techniciste, l’œil sur des indicateurs et des paramètres chiffrés, le corps passe à la trappe. Il faut donc, ici encore, informer et former les médecins.
 
Le slogan a été parfaitement mis en forme par un des participants : « Aidez-moi à me supporter dans mon nouveau corps ! ». Mes Bien Chers Frères, commençons par nous aider nous mêmes ! En avant pour une démarche SuperCorps, à condition de s’investir dans les ateliers, les groupes de paroles, et le soutien psychologique car je vous garantis que si ce n’est pas nous mêmes les gays qui fixons les lignes personne ne le fera ou alors nous en sortirons plus affaiblis encore !
 
14. La question de la prévention a été interrogée par les participants dans trois directions.
 
La première touche à l’idée que l’on devrait pouvoir accéder quelque part à un discours unifié sur les risques et les cofacteurs de risques dans une sexualité de séropo. D’autant que non protégé par le latex, cela ne veut pas dire sans protection. Des remarques acerbes ont été prononcées contre ceux qui pensent que le préservatif ça peut être facile et facile très longtemps. Chacun sait qu’il n’en est rien, surtout ceux qui le pratique depuis 20 ans.
 
La seconde c’est que la prévention n’appartient pas qu’aux séropositifs et la dicibilité non plus. Chacun doit y prendre sa part. L’idée étant que la liberté est essentielle. Il ne s’agit pas de la refuser. Il en va ainsi de la liberté de pas d’une sexualité qui ne soit pas essentiellement en lien avec le préservatif, comme dans la vraie vie. Et de la possibilité de faire ses choix d’orientation entre sérotriage, séroadaptation, ou séropréférence.
 
La troisième idée c’est que l’on ne peut pas tenir le cap de la prévention seulement le préservatif et surtout sans plaisir. D’où une demande pressante sur les autres outils de prévention, comme les microbicides.
 
*
 
Deuxième regroupement thématique de cette synthèse « Moi et mes frères, mes sœurs ». C’est la question du gay séropo et de son environnement identitaire qui est maintenant abordé.
 
 
 
2. Moi et mes frères, mes sœurs.
 
 
 
Il y a trois sujets. Face à constat terrible, fracassant, avec quelques idées, « ça pourra peut-être le faire ! ».
 
21. Des mots sanglants ont été utilisés pour qualifier la façon dont la communauté se comporte avec ceux qui la composent. Cette communauté invoquée, cette communauté magnifiée, cette communauté libérée … est aussi celle qui opprime, qui oppresse et qui stigmatise. Incapable de mettre en circulation des normes de références dans la variabilité de ce que sont les uns et les autres. Incapable de faire circuler l’image ou la référence aux gays séropositifs alors que 15 % de la communauté vit avec le Vih/sida et que nombreux sont ceux dans cette salle qui estime que maintenant, avec un tel niveau de prévalence, la séropositivité fait partie du destin d’un gay. D’autant que près des trois quarts des couples gays sont des couples ouverts où des partenaires nouveaux sont admis.
 
Cette communauté est vivement critiquée car elle est la première fautive en raison des stigmatisations qu’elle véhicule. Certains affirment qu’il y a deux communautés : celle à la peau tendue, jeune et séronégative et puis l’autre un peu flétrie, vielle et séropositive. Nous savons probablement tous dans cette salle que c’est sûrement beaucoup plus complexe que cela. Mais rien n’est fait pour provoquer des passerelles entre les composantes de la communauté pour lutter contre les stigmatisations. Or nous savons tous que les stigmatisations reposent sur les représentations que nous acquérons, et que nous maintenons au fond de nos âmes, de nos cœurs et … de nos bites ! Ce qui fait au moins trois endroits pour agir !
 
22. C’est pourquoi, les participants ont recommandé d’abord un changement d’échelle dans la vie associative des gays. En demandant que les associations identitaires sachent intégrer les préoccupations des gays séropositifs si on ne veux pas les contraindre au ghetto. Les associations identitaires ont ainsi une responsabilité historique et dramatique : ne pas rejeter les gays séropos et les contraindre à vivre entre eux. En même temps, les associations de lutte contre le sida ont aussi la responsabilité de changer leur image : AIDES par exemple est regardée soit comme trop homosexuelle soit trop généralliste sur le Vih/sida. D’où la revendication d’organisation autonome des gays séropositives dans AIDES ou hors de AIDES ? A AIDES la seule exigence c’est la sérosolidarité. Il n’y a pas de gay qui ne parle qu’aux gays ni d’usagers de drogues qui ne parlent qu’aux usagers de drogues.
 
EGGS_ph005-copie-1.jpg Alors, certains proposent de «customiser » les associations identitaires avec de nouvelles jantes larges séropositives qui permettent de transformer le fin cabriolet en grande routière bonne à tout faire. D’autres affirment qu’il faut former les gays, manifestement un peu « courts » intellectuellement sur l’acceptation des différences car si l’on devait créer un label « Séropo Spoken », il n’y aurait pas beaucoup d’associations pour l’obtenir !
 
En tout cas, nous l’avons dit de façon suffisamment ferme, il faut éduquer les gays à la vie gay et à la tolérance.
 
Et aussi les amener à une plus grande solidarité, en provoquant ou en soutenant toutes les initiatives qui permettent d’augmenter cette solidarité entre gays, quel ne que soit le statut sérologique ou la catégorie socioprofessionnelle .
 
23. Passons aux médecins, dont nous avons vu récemment qu’ils avaient quelques soucis avec le serment d’Hippocrate : pas seulement chez les dentistes, mais aussi chez les spécialistes un peu réactifs pour ne pas recevoir ceux qui sont à la CMU.
 
Il y a globalement un constant de grande pauvreté sur la perception de l’homosexualité dans le corps médical, comme une sorte de survivance historique, comme si le déclassement de l’OMS n’avait pas encore porté tous ces fruits, ou pire comme si les médecins résistaient à tirer la conséquence : être gay, c’est comme ça ! Il ne leur viendrait d’ailleurs pas à l’idée d’un médecin recevant un malade noir de lui demander de devenir blanc ! Il y a une difficulté dans la médecine, c’est le « PD Spoken ». Et cela pousse beaucoup d’entre vous à proposer la création de santé gaie animé par des gays pour des gays avec des médecins qui causent le PD ! Cela existe dans beaucoup de pays, pas en France, mais vous savez que nos frontières sont blindées, souvenez-vous qu’elles avaient d’ailleurs arrêté il y a deux décennies le nuage de Tchernobyl. Ici encore, « aux barricades », fourbissons nos armes et ouvrons-les ces centres de santé gaie. Je n’ai aucun doute que l’Assurance maladie les conventionnera !

Mais bien entendu entre ce constat et les propositions, il y a une sorte d’indispensable : que les gays séropos cessent d’être invisibles. Et, il nous appartient de prendre le risque d’être visible. Quand je vois les plus anciens qui se posent la question de savoir qu’est ce qu’il n’ont pas fait pendant vingt ans pour que les gays séropos ne soient visibles, je n’ai pas envie pour nous qui avons vingt ans que nous nous posions la même question à quarante !

*

Insensiblement nous passons donc au troisième terme des recommandations, celles qui portent sur les gays dans la société.

 
 
 
3. Socialisons-moi...
 
   
31. Permettre aux gays séropos d’être mieux socialisé est un défi car à la fracture séropos/séronegs dans la communauté s’ajoute une fracture territoriale entre les zones densément urbanisées et riches et celles à la démographie plus restreinte et plus pauvres de sorte que disposer des points de ressources pour vivre mieux en tant que gays séropositifs devient parfois redoutable. Les participants ont insisté sur cette fracture territoriale pour laquelle des réponses doivent être offertes, sachant que la société de l’Internet comporte des limites et que c’est la société du déplacement qu’il faut réfléchir pour permettre à chacun de pouvoir aller vers les pôles de ressources : dans le médical, dans le social, dans l’associatif.
 
 
32. Comment parler de social sans parler de moyens ? De ce point de vue, il faut bien dire que la rencontre entre les acteurs qui ont des missions différentes est mal pratiquée. Il y a un vif espoir sur ce que le Corevih pourront apporter demain aux gays séropos. Est-ce que ce sera finalement un peu plus de la même chose où est-ce que l’on changera d’échelle. Vu le ramdam sur le sujet, nous attendons tous une nouvelle et vraie capacité à prendre en compte les besoins des gays séropos. Cela changera-t-il la perception de la médecine sur les gays séropos. C’est aux militants associatifs de relever le défi. Il faut qu’ils s’engagent à assumer sa place dans les Corevih. Et il n’y a aucune raison à ce que les Corevih soient automatiquement présidés par des médecins. Mes camarades, mes frères, allons-y. Ici encore, prenons les places, si nous voulons que cela change !
 
Nous sommes préoccupés par la capacité, plus ou moins douteuse, de la médecine à évoluer dans son approche des patients séropos. Chacun a probablement fait son deuil de trouver une consultation médicale qui organise une prise en charge globale. Tout le monde est bien convaincu que face à la multiplicité et à la complexité des connaissances médicales dans la prise en charge d’un séropo il faut mettre en face des prises en charge pluridisciplinaires. Si cela n’est pas fait, l’hôpital restera le lieu d’une consultation d’ingéniérie médicamenteuse incapable de passer à la coordination des soins dont on sait pourtant combien elle est essentielle dans le Vih/sida.
 
Il faut donc organiser plus de rencontres entre les séropos et les soignants pour partager et échanger. Probablement les représentations des uns et des autres bougeront !
 
33. La question des droits est apparue de façon très forte dans l’ensemble des temps partagés entre nous. On l’a entendu de deux façon : le respect des droits, et l’évolution des droits.
 
Les procédures d’accès aux droits comme l’AAH sont bafouées par des délais extrêmement longs et il faut renouer avec les procédures d’urgence sur le Vih/sida. La connaissance des droits repose sur les associations alors que les services publics devraient produire cette information auprès des personnes, on pense évidemment à l’information sur les mécanismes d’accès à la couverture complémentaire universelle.
 
EGGS_ph004.jpg Au delà, nombreuses ont été les interventions sur les montants des aides dont les uns et les autres estiment qu’elles doivent être notablement revalorisées. Et nous savons tous que l’on ne peut pas toute une vie durant dépendre d’un minima social. Cela pose la question de la place des personnes malades dans notre société quand elles ne peuvent pas renouer avec un revenu tiré du travail. Les malades et particulièrement les gays séropos sont-ils condamnés au statut de nouveaux pauvres ?

Dans ce registre, la quête de plus de souplesse dans les décisions administratives ou dans la vie professionnelle est attendu. Tout mécanisme qui permettra de garder son emploi et/ou de continuer à bénéficier d’une prestation doit être mis en œuvre.

* * *

Et maintenant si ce que j’ai rapporté à du sens pour vous, si ce que vous avez dit de reconnaissance nécessaire de soi pour aller mieux est vrai, si vous pensez comme moi que la solidarité ce n’est seulement quand on baise, mais plus largement tous les jours, vous devriez vous levez tous, vous regardez, vous applaudir les uns les autres et embrasser qui vous voulez. Faîtes donc du bruit qui fait du bien !!!!

Par Soirées + - Publié dans : Ateliers des Etats Généraux Gay Séropos
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