Témoignages et propos entendus lors de l'atelier "Ma place dans la ou les communauté(s) gay", organisé lors des Etats généraux Gay Séropos en novembre 2006.
La communauté gay, c’est quoi ? Les séropos en font-ils partie ?
« Y a -t-il une seule communauté ? Plusieurs ? Pour moi il y a une communauté plurielle avec une orientation affective identique et des sous-communautés diverses. Par contre il n’y a pas de sous-communauté séropo. Ce qui m’importe, c’est de trouver ma place. » ; « Pour moi, une communauté doit partager des choses communes. Les séropos doivent être plus présents, mais les gays ne veulent pas les voir, ni parler du sida. »
La communauté ou le milieu gay sont très souvent évoqués comme un lieu de discrimination et de stigmatisation.
« Je n’ai plus ma place dans la communauté gay. La communauté gay, le Marais, c’est à mourir. » ; « Quand je pense à la communauté et à ma place, c’est mon âge qui vient en premier, puis ma condition sociale et en troisième, ma santé. Moi je n’existe pas dans le Marais. On se fout de savoir si je suis homo et/ou séropo, je suis un consommateur et rien que ça. » ; « Je me sens minoritaire (malade) dans une communauté minoritaire. C’est à moi de m’affirmer dans cette communauté, mon "handicap" est quelque chose en plus. » ; « Je me suis tourné vers la communauté gay mais je suis mal à l’aise car il faut être éternellement jeune et physiquement en forme. »
Faut-il des sous-communautés ? Et faut-il une sous-communauté de gays séropos ?
« Dans le milieu SM j’ai trouvé ma place. Il y a possibilité de parler et d’échanger, contrairement au milieu gay "traditionnel". Être vieux et séropo, c’est la double peine. C’est la même chose pour la communauté "baraback". Il n’y a plus de solidarité envers les personnes séropositives. » ; « Je m’épanouis dans le milieu SM qui est plus ouvert. » ; « Maintenant, je pense qu’il faut construire une communauté gay séropositive. Ici on entend des gens seuls face au VIH. Ils doivent devenir militants auprès des gays. » ; « J’aimerais que la communauté séropo soit plus présente dans le Marais. »
Pour certains, le soutien vient d’ailleurs.
« Ma communauté, c’est la communauté hétéro. Je peux parler de moi, de ma séropositivité. Ils prêtent attention à ma santé. Ils sont plus accueillants. » ; « J’ai arrêté de chercher ma place dans le milieu gay. J’ai trouvé la solidarité et la force d’annoncer ma séropositivité auprès des hétéros. »
Le problème n’est peut-être pas qu’il y ait une ou des communautés.
« Il faut arrêter de prendre des coups sur la tête : je suis séropo, point final. On est là, on existe. C’est le regard des autres sur ma maladie qui me tue. »
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Différentes définitions de la communauté gay ont été proposées, mais le constat général est qu’il est difficile de trouver sa place en tant que séropo. Plusieurs affirment ne plus chercher leur place, d’autres se sentent plus proches de certaines sous-communautés (SM, bareback ou séropositive).
Les recommandations de l’atelier
• Lutter contre le rejet et l’invisibilité.
• Communiquer davantage entre séropos.
• Aller vers les séronégatifs, expliquer ce qu’est la séropositivité et témoigner de notre vécu.
• Favoriser et amplifier la présence des associations de lutte contre le sida dans les lieux de vie gay.
• Lutter contre la "normalisation" de la communauté gay en faisant de la place à la diversité pour mettre fin au jeunisme, à la ségrégation par l’argent, au racisme.
• Mettre au coeur des associations LGBT la visibilité de la séropositivité.
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Organisées par le groupe gay de la délégation du Rhône de l'association Aides, en partenariat avec le bar Le Boys, les soirées + s'adressent aux gays séropositifs et à leurs amis. Différentes d’un endroit de thérapie de groupe, + leur ouvre un espace, où ils peuvent être sans se cacher et sans se sentir marginalisés. Ici, on sait que si on veut en parler, on peut. Et on garde l'esprit poz.